• 1SANS TITRE Simon Thiou Colle à carrelage, dépôt de carbone , 2016
  • 2ENCLAVE Eloi Jacquelin Eau, toile, médium, 2016
  • 3AMERICAN BRIDGE Charles Coturel Quatre dessins au crayon aquarellable, 2016
  • TOBLERONE Charles Coturel Dessin au crayon aquarellable, 2016
  • 4PAYSAGE HYBRIDE Carine ManjooHuile sur toile, 2016
  • 5CONCRÉTION/ APPARITION/ CONSTRUCTIONSimon HervéMatériaux divers, 2016
  • 6I COMME ICARERémi MortMortier d’abeille, 2016
  • 7STRATES (RECONSTITUTION)Gabrielle DecazesDessin sur papier calque, verre, bois, leds, 2016
  • 8MORPHOGONIEAlexandre SaugerBéton cellulaire, paraffine, pigment noir, 2016
  • STASEEloi JacquelinProjection, lithographie, 2016
  • 9CLOCHERSNelson ChouissaPhoto numérique, 2016
Au commencement était l’effigie en quelque sorte. Au commencement un réel habité de figures magnifiées.
Quels en seraient les villes, les paysages et les peuples ?
Les plans de la ville s’étendent selon un programme préétabli.
Au centre, une multitude d’architectures aux ornements anachroniques ; plus loin, des barres d’immeubles accrochées au plus près du sol ; au delà un horizon uniforme.
Construite volontairement sur la base d’un système mécanique défectueux, la ville se fractionne après chaque nouvelle construction : le réseau pneumatique opère jour et nuit pour extraire tout élément de circulation des blocs d’édifices. Bannis, déportés et mis à l’écart dans des parkings à reliquaires, ils brillent d’obsolescence dans leur alvéole numérotée. Référencés, ils sont par la suite rangés par type : escalators, rampes, tuyaux, câbles, pont et passerelles, ascenseurs, gouttières, trottoirs, conduits…
Privées de toute liaison les surfaces deviennent autonomes, les axes sont désertés et semblent détachés les uns des autres. Où mènent-ils si ce n’est à de vastes enfoncements inhospitaliers ?
Les agoras sont pourtant bien là pour accueillir la foule, mais c’est de la présence résignée de celle-ci qu’elles se sont construites. Désormais zones réfractaires, elles repoussent le peuple aux extrémités de la ville. Là-bas tout y est provisoire : on attend qu’un ixième mémorial nous repousse vers les tunnels frontaliers.
Au sortir de chacun d’eux, et sans le moindre signe annonciateur, un paysage de forêts et de plaines délavées marque la limite abrupte de la ville.
A première vue tout est conforme à la description fournie par les guides touristiques, mais bientôt la campagne apparaît en une succession d’éléments écrasés. Tissées de parcelles compactes, les plaines ne sont plus qu’une répétition de motifs tracés à même le sol d’une campagne-écran.
Certaines parties semblent avoir disparu, ce qui fut autrefois des carrières apparaissent maintenant comme un négatif de la ville. Plaines, ciel, et forêts sont confondus, faisant du paysage un kaléidoscope de teintes de gris. L’aplatissement élimine toute circulation, laissant les vastes étendues vides d’humains.

Regroupé en damier, le peuple n’est qu’une surface de plus. Il tient un rôle de figurant, déambulant dans un circuit fermé où chaque monument tend à donner une directions aux pas.
L’humain n’est plus qu’un pointillé dans la géométrie de la ville, étranglé jusqu’à étouffement.

Carnet d’exposition :carnet-1

Avec :
Nelson Chouissa – Charles Coturel – Gabrielle Decazes – Simon Hervé – Eloi Jacquelin – Carine Manjoo – Rémi Mort – Alexandre Sauger – Simon Thiou
Crédits:
Commissariat:
Nelson Chouissa & Eloi Jacquelin
Communication:
Alexandre Sanger
Logistique:
Simon Hervé
Textes:
Nelson Chouissa & Eloi Jacquelin