Exploration urbaine

“La Zone est un système très compliqué. Il y a plein de pièges, qui sont tous mortels. J’ignore ce qui s’y passe en l’absence des hommes, mais dès qu’ils apparaissent tout se met en mouvement… Des pièges disparaissent, d’autres les remplacent. Des endroits qui étaient sûrs deviennent infranchissables. La route devient simple et facile… ou bien semée d’embûches. C’est ça la Zone… On pourrait la croire capricieuse, mais à chaque instant… elle est telle que nous l’avons faite… par notre propre état d’esprit… Il y a même eu des cas où… les gens rebroussaient chemin à mi-parcourt… D’autres mourraient au seuil même de la chambre. Tout ce qui se passe ici dépend non de la Zone, mais de nous.”(1)

URBEX : perte et fracas

“L’exploration urbaine (ou urbex) est l’activités consistant à visiter des lieux abandonnés, interdits ou difficile d’accès”.
Lorsque l’on erre dans les champs sacrés de la modernité, que l’on parcourt les plantations infinies de « maisons de plein pieds » il n’est pas rare de croiser un bâtiment dont les fenêtres bétonnées, les murs descendu mécaniquement ou les fondations saillantes, laissent entrevoir une mythologie bien différente de celle du lotissement.
En empruntant les codes des constructions antiques (colones, statues à l’entrée) le pavillon expose, lui et son environnement immédiat, à une ruine future.

Avant toute mythologie né une archéologie : celle du moderniste, celle d’un chaos ni somptueux, ni-divin. La ruine fascine le visiteur par sa banalité, par une familiarité qui s’impose à lui : son quotidien semble désormais plus proche du précipice. Il faut alors bien différencier urbex spectaculaire et urbex banal.

(1) Stalker (Сталкер), film d’Andreï Tarkovski, 1979